Comment devenir pilote de ligne ?

Pour devenir pilote de ligne, une formation théorique et pratique est nécessaire. Bien qu’il existe plusieurs possibilités de formations, les licences et qualifications sont toutes obtenues de la même façon, par un organisme tel que la direction générale de l’aviation civile (DGAC) par exemple. C’est pour cette raison que je vais pouvoir détailler les pré-requis et les étapes de la formation.

Les pré-requis

Avant de débuter une formation, il est indispensable de s’assurer que l’on satisfait bien à plusieurs conditions :

  • La visite médicale de classe 1 : il s’agit à mon sens de la première chose à faire avant d’envisager une quelconque formation ;
  • Être âgé de 18 ans au minimum : c’est l’âge minimum demandé pour se présenter au CPL ;
  • Un niveau “baccalauréat” : certaines notions sont indispensables pour préparer les différents certificats théoriques.

l'ATPL théorique

Afin d’obtenir un ATPL frozen, c’est-à-dire l’ensemble des qualifications et licences requises pour devenir pilote de ligne, il faut satisfaire à une partie théorique composée de 14 certificats sous forme de QCM : 

  • 010 Droit aérien et procédure du contrôle aérien
  • 021 Cellules et systèmes, électricité, moteurs
  • 022 Instrumentation
  • 031 Masses et centrages
  • 032 Performances
  • 033 Préparation et suivi du vol
  • 040 Facteur humain & médecine aéronautique
  • 050 Météorologie
  • 061 Navigation
  • 062 Radionavigation
  • 070 Procédures opérationnelles
  • 081 Mécanique du vol
  • 091 Communication VFR
  • 092 Communication IFR

Pour obtenir les différents certificats et à l’issue l’ATPL théorique, il faut satisfaire à plusieurs conditions :

  • Obtenir une note d’au minimum 75 % dans chacun des certificats;
  • Présenter les 14 certificats, divisés en 6 sessions d’examen maximum;
  • Ne pas échouer plus de 4 fois à la présentation d’un même certificat;
  • Respecter le délai de 18 mois maximum après la première session d’examen.

Le FCL.055

Indispensable pour voler à l’étranger, l’anglais reste la langue la plus utilisé dans l’aéronautique. À savoir qu’un pilote qui volerait uniquement en France n’est pas dispensé de l’anglais ! En effet, un bon nombre de revues techniques est écrit en anglais et il est également important d’un point de vue sécurité, de comprendre les communications radio entre un contrôleur et un pilote étranger par exemple ! L’examen est divisé en 3 parties :

  • L’écoute de bandes;
  • L’interprétation d’une photo ou d’une vidéo;
  • Le vol fictif.

Il existe 6 niveaux d’anglais, mais seuls les niveaux 4, 5 et 6 permettent d’obtenir l’examen.

Le CPL

Pour pouvoir prétendre à être rémunéré en qualité de de commandant de bord ou de pilote, il est nécessaire d’être titulaire d’une licence de pilote commerciale ou Commercial Pilot Licence. Le CPL comporte également une partie théorique, mais celle-ci étant moins fournie que celle de l’ATPL, il n’y pas d’examen théorique à repasser. Il s’agit donc ici d’une partie pratique visant à devenir professionnel et qui permet de devenir commandant de bord sur un avion d’une masse maximum au décollage inférieure à 5,7 tonnes, ou bien co-pilote sur des avions plus lourds. La licence est délivrée à la suite d’un examen en vol avec un examinateur de la DGAC.

Qualification MEP

La qualification MEP (Multi Engine Piston) permet de pouvoir piloter un avion multi-moteurs à piston. En plus des nouvelles procédures et règles de pilotage, la formation apporte notamment la gestion d’une panne moteur et de la dysmétrie qui s’ensuit sur un avion bimoteur.

Qualification IR

Les conditions météo n’étant pas toujours optimale, il est important, en tant que pilote professionnel, de pouvoir voler dans des conditions dégradées. Pour cela, il existe un régime de vol appelé IFR (Instrument Flight Rules), qui permet de voler lorsque les conditions météorologiques sont en dessous des minima du vol à vue (VFR – Visual Flight Rules). La majorité des vols en compagnies aériennes s’effectuent en IFR ; il est donc difficile de trouver un emploi de pilote professionnel sans cette qualification. (Sans FCL.055, la qualification IR ne sera validée qu’en langue française !)

Stage UPRT

Le stage UPRT (pour Upset Prevention Recovery Training) est un stage d’une durée assez courte qui a été rendu obligatoire à la suite d’un constat fait ces dernières années, qui déclarait les pertes de contrôles en vol comme principale cause de mortalité lors d’accidents aériens. C’est pourquoi leur prévention est importante.

Stage MCC

Pour pouvoir travailler efficacement en équipage, le stage MCC (pour Multi Crew Coordination) est indispensable ! Il permet d’apprendre à répartir les phases de vols et les différentes tâches, mais aussi à communiquer efficacement avec son équipage. Le but de ce stage est d’être opérationnel pour effectuer des vols sur des avions en multi-pilote, indispensable donc pour rentrer dans la quasi-totalité des compagnies aériennes.

La Qualification Type

La dernière étape avant d’accéder aux portes du cockpit d’un avion de ligne ! En effet, chaque avion étant différent, une qualification est nécessaire pour étudier les différents types de systèmes hydrauliques, électriques, mécaniques… Mais également pour prendre la main sur le pilotage de cet avion. La QT va donc permettre d’étudier et de comprendre l’ensemble de ces systèmes, mais également de s’entraîner au pilotage de la machine sur simulateur, puis sur l’avion.

Une fois toutes ces licences et qualifications en poche, vous aurez alors un ATPL “frozen,ce qui vous permettra de postuler auprès de compagnies aériennes. Vous aurez également environ 250 heures de vols (simulateur compris), sur les 1 500 que requiert l’ATPL pratique, mais pas d’inquiétude ! Cela signifie seulement que vous ne pourrez pas devenir commandant de bord d’un avion multi-pilote ; néanmoins, vous pouvez occuper la fonction de co-pilote ou de commandant de bord sous supervision.